Thursday, February 01, 2007

le debut du trip

“ La vérité, c’est qu’on ne sait jamais nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu'au jour ou, pas trop sur de soi on sen va pour de bon. Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas a prouver qu’il se suffit a lui-même. On croit qu on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. »
Nicolas Bouvier




Zagreb, fin Septembre 2006

On est a la station de bus avec Thomas, plus que quelque minutes avant le départ, le trajet 24 heure jusqu a Paris, nos vacances ensemble touchent a leurs fins.

La montagne Suisse, une ascension de trois jours, au début on pensait faire une semaine, le plan était vague, on traverse la montagne, on passe en Italie, on descend, Venise, Ancona, un ferry, la Croatie, le reste on verra bien.

Un mois avec son pote, ça passe vite, pendant la dernière semaine, j essayais de m’imaginer tout seul dans pleins de situations, la nuit, trouver un coin pour dormir, pris dans des galères, des trucs comme ça, je commençais en fait à me préparer mentalement a la suite de mon voyage.

Mon but : la Nouvelle Calédonie, ou je comptais trouver du travail en charpente, retaper un bateau le week end, peindre, flâner sur l île, surfer, découvrir, vivre!

La Nouvelle Calédonie, le bout du monde ! Mes parents : Jean se après tes vacances avec Thomas rentre a la maison préparer correctement ton voyage et ton installation la bas, c’est quand même plus sérieux, tu veux aller la bas par la route, comme ça avec ton sac, tu n as aucune idées des pays que tu vas traverser, y a des pays dangereux ! tu n as rien prépare, les vaccins, les traitements antis palus, les visas, tu sais qu y a des crises de paludisme qui sont mortels, le paludisme a plasmodium falsiparum, tu peux faire des accès, jsais plus comment ca sapelle, un acces palustre, cest a dire que le plasmodium arrive dans le cerveau et il te provoque un acces mortel, ben questu crois, cest un parasite, la seule facon de leviter c est de prendre un antipaludeen de synthese specifique en prevention etc et voila, la voila lancee, elle ouvre ses yeux de plus en plus grand, enchaine sur dautres maladies, dautres virus, et fievres, bon a l écouter je vais mourir quoi !!
«Tinquietes pas ca va aller, jtrouverais bien des médicaments sur place, j irais par la route maman, en avion je rate tout les pays qu il y a avant, et j ai envi de les voir, j irais directement après le trip c est tout. » (Après le quoi ?le trip lol, cest quoi le trip ? le voyage quoil)Ca ça devait être une semaine avant notre départ avec thomas, mes parents étaient au portillon devant la maison, avec leurs bagages, ils partaient en vacances, le taxi attendait devant la porte de la maison, ils croyaient peut être encore que j’allais rentrer après la Croatie, « on se verra peut être a Noël en Nouvelle Calédonie ! enfin si jme dépêche ! » Mon père : « jsais pas si tu y seras a Noël mais… je sourie, on verra bien !On sembrasse, allez sois prudent, écris nous, oui oui vous inquiétez pas, profitez bien, bonne vacances ! Adios Padres..




j ai économise suffisamment d’argent pour je le pense arrive jusqu a la bas, une année de charpente dans les mains, chaque mois, j ai mis ce que je pouvais de cote, des chantiers le week ends aussi, ça rapporte.. J ai travaille dur et ça y est maintenant je vais vivre un de mes rêves : voyager. Tout seul- sur la route. Je narrive pas a croire que jy suis, enfin !
Avant de partir je passais de longs moments a rêver devant la carte du monde que j’avais déplie par terre dans ma chambre, entre mes dessins, mes pastels, les cds, les bouquins.

Les bouquins… ma tête en etait pleine ! Kerouac tout dabord qui a ete ma plus grosse influence(on the road, les clochards célestes, le vagabond solitaire ..) London aussi, surtout connu pour croc blanc et l’appel de la foret mais qui en dehors de ces deux excellents livres en a écrit aussi d’ autres ou il raconte ses premières aventures – (La route, Martin Eden, John Barleycorn)

Il a 18 ans lorsqu il s élance sur la route, mais déjà de solides expériences derrière lui. A 15 ans, il était prince des pilleurs de parcs a huîtres de la baie de San Francisco, a 17 ans, mousse sur la Sophie-Sutherland, il partait chasser le phoque entre le détroit de Béring et la Sibérie, Auparavant, il s était déjà exerce a « brûler le dur » entre San Francisco et Sacramento et jusqu'au delà de la sierra Nevada.
« Brûler le dur ? » Resquiller son passage sur un train en utilisant les emplacements les plus improbables : toits des wagons, plates formes, barres transversales au dessus des boggies..
Comme le dit Kerouac, « j ai lu la vie de Jack London a dix-huit ans et j ai décide d être moi aussi un aventurier, un voyageur solitaire. » Il en allait de même pour moi.

Bien d’autres auteurs et écrivains encore m ont donne le goût de partir, loin, l’aventure, il fallait que je tâte de cette vie la aussi (London), l’appel du large était trop fort, prendre du recul, réfléchir, voir, découvrir, explorer le monde, sortir des cadres étroits et rigides fixes par la société, me debarasser des possesions materiles superflus, j avais besoin de liberté, besoin de flâner, d errance, de réflexions, chercher, comprendre, il fallait partir, aller ailleurs, me trouver, rencontrer les hommes, essayer de voir plus loin. Apprendre - apprendre plus, je voulais comprendre la vie qui a mon sens ne peut pas être une vie de sédentaire, sans mouvements, sans actions, sans grandes aventures et sans grands risques- tel était mon but.

Les routes de l’aventure étaient beaucoup trop tentantes et excitantes pour envisager de rester ici et de me poser, les événements, les soirées se repetaient, j’avais besoin de changement, d actions, je me lasse peut être aussi trop rapidement.. qu importe il me fallait partir-
Une vie de bohême, de pays en pays, javais soif denrichissement, un besoin de m eloigner de la société de consommation, du confort, je voulais dune vie a la dure, j’avais besoin d un vrai apprentissage par moi-même, et la route c est trouve être la meilleure école pour tout ça. Apprendre a se débrouiller, tout seul, je voulais savoir quelles étaient mes limites, savoir jusqu ou je pourrais aller, est cque j’allais réussir, bref c était aussi un défi lance a moi-même, un pari, une expérience a faire, a vivre, qui se devait d être vécu seul.
Il n y a que dans la solitude que l on peut, je le pense, vraiment réfléchir sur soi, sur sa vie, le sens a lui donner.


Vacances : 1 mois par ans : partir se délasser de 11 mois crevant. Voila ce qu est devenu le voyage pour la plupart des touristes a camera maintenant…

Beaucoup me demande si je ne me suis jamais senti seul, bien sur quil ya eu des moments de solitude mais j ai toujours été d un caractère solitaire, j aimais déjà avant de partir la solitude, je peux par exemple passer des journées seul perche en haut d un arbre a construire ma cabane, de la haut, j ai le temps de réfléchir, méditer, regarder et écouter la nature vivre, bouger a cote, fumer une cigarette le soir, regarder le travail de la journée, le coucher de soleil sur la pleine au loin, rêver de liberté en regardant les oiseaux voler, chaque fois que je suis la haut tout seul, mes pensées s éclaircissent, se purifient, s estompent, et la nature m aide, le temps présent est le seul qui compte la haut, l instant, l instant… Je ne pense pas a demain, a hier, la haut seul compte le présent, la cabane, la vue, la paix que je ressens avec moi-même.




Départ, départ

Et ça y est le moment tant attendu était la, Thomas est monte dans le bus, on s est pris dans les bras, un tchek, des regards, notre voyage est finis, le mien continue, et la route va être longue.
Avec nous, deux jeunes filles croates, Marta et sa copine, le contact donne grâce a André, un autostoppeur de 24 ans de Lausanne, rencontre a Split un peu avant en Croatie qui avait passe une nuit chez elle, lui-même qui l avait rencontre grâce au couch surfing.
Le couch surfing signifie littéralement 'surfing du canapé'. Cela consiste à recevoir une ou plusieurs personnes de manière plus ou moins sommaire, en offrant le canapé pour une nuit, un endroit pour planter la tente, une chambre avec commodités, ou pourquoi pas un simple café au cours duquel vous indiquerez à votre invité les bonnes adresses de votre région... Il n'y a pas de règles vraiment définies, et c'est ce qui fait le charme de ce système.
Cela peut être en échange d'une rétribution faible, ou pourquoi pas gratuitement, juste dans le but d'enrichir son cercle de connaissance, ou d'être reçu à son tour un peu plus tard.
(Pour plus d infos : http://www.couchsurfing.com/, ou encore dans le meme style l hospitality club www.hospitalityclub.org/).

André lui voyageait seul, et se laissait porter par la route, les rencontres, les événements- on lavait rencontre alors qu on marchait dans la rue avec thomas, le soir, il se baladait, les mains dans les poches, tranquille, un léger sourire aux lèvres, il flânait, pris dans le flux du bonheur du voyage, hors du temps, ou peut être dans l instant présent seulement, alors on lui avait parle, au début parc qu on cherchait un peu d herbe a fumer, et puis on a commence a discuter, on c est pris un verre, on a trippe avec des jeunes croates dans un café, avec la belle serveuse aussi, on c est trouve un toit sur le port, le toit dune ancienne entreprise de bateau qui a fait faillite, a l intérieur tout était en bordele, vandalise, humide, en ruine, mais tout était la, des livres, des dossiers, les meubles, une salle remplis d équipements de survie aussi, des masques a gaz, des couvertures, des medicaments, pleins de trucs en tout genre datant du temps de la guerre, alors on a explore tout ça , fouille , trippe, pris ce qui nous intéressait, on a squatte l’toit, thomas a joue de la gratte devant les couchers de soleil, devant ces couleurs surréalistes, magiques, qui nous transportait encore plus loin, bien qu on était déjà ailleurs, gris sombre, argente, lumière jaune, puissante, les grands ferry quittaient le port, le vent nous frappait le visage et nos cheveux tournaient dans tout les sens- alors, les yeux un peux plisse tu regardes, et aucuns mots ne parvient a sortir pour exprimer la beauté de la scène que tu es en train de vivre, JADROLINIJA, de la haut on voyait tout, on était libres, on regardait, je jouais de la flûte, Andre méditait sur cette lumière d’ailleurs, ça commençait a sonner indien, les pêcheurs remontaient leurs filets, et les lumières de la ville se mettaient a briller…










A part, les deux grands long textes sur la Turquie, tout ce que j écris la je l écris de mémoire ayant perdu deux carnets de notes sur la route, je vais essayer de me rappeler le plus de détails possibles, ce qui ressortira seront je le pense les choses qui mont le plus marque tout au long de ce voyage.




"On sait bien où l'on veut aller, mais on ignore quand, comment, par quel chemin on y parviendra. Inutile de trop s'en soucier d'avance; on verra bien..."(Théodore Monod)



Ca y est, c est parti !! Direction la Nouvelle Calédonie (Zagreb)

Le bus sort lentement de la grande station de Zagreb, thomas me regarde par la fenêtre, ça y est c est l au revoir, on s marre, le trip est finis, putain c était bon…trop bon..
Ça nous fait drôle de s quitter, il remonte vers le nord maintenant, quand a moi je dois descendre, ça me fait une sensation bizarre au début, dans ma tête je n arrête pas de me répéter ça y est ! t y es ! c est maintenant ! Réalise ! Réalise ! Tes sur la route mec ! ahah je fremis en pensant a cette liberté totale que je ressens, le bus disparaît derrière le grand bâtiment - ce bandit de Thomas me manque déjà ! j espère le revoir bientôt, en attendant chacun poursuit sa route, pour Thomas c est Paris quelque temps et ensuite Barcelone pendant un ans, quand a moi ma prochaine étape sera Split de nouveau et ensuite la Bosnie.
Je met mon sac sur mes épaules et marche en direction de Martha et sa copine qui attendaient un peu plus loin et nous regardait nous dire au revoir avec Thomas.
La suite du programme j en ai aucune idée, mais je suis excite de ce qui va arrive, je les connais depuis a peine une demi heure - on the road man !! thats it !!

On commence a parler, les deux parlent très bien anglais, des que j ai vu Martha, je lai trouve belle, on était sur un banc avec Thomas et on la vu arrive avec son vélo peint en toute les couleurs sur la grande place, elle s était décrite au téléphone pour qu on la reconnaisse : « you cant miss me ! I have redhair and my bike is full of colours! »
Pas de doute c était bien elle, quelle joie de vivre, toujours un sourire, des yeux bleus brillants, et ses longs cheveux roux boucles qui formaient une touffe impressionnante, de petites taches de rousseurs parsemaient son visage, ce qui lui donnait un peu cet air d enfant fou qui jouit de chaque instant que la vie a a lui offrir.
Ses habits, elle les faisait elle-même, de toute les couleurs aussi, comme son vélo, une robe, des rajouts de tissus cousues par-dessus d autres, du rouge du vert du violet, elle étudie la mode, en regardant sa robe je vois une œuvre, une création, comme une peinture, je l aime tout dsuite, on continue a parler tout en marchant, elle parle des peintures quelle fait chez elle, me raconte ses expériences de méditations, elle s arrête soudainement dans la rue, me demande de lui tenir son vélo et se lance dans des mouvements de yoga pour mieux me faire comprendre ce quelle voulait dire, elle se tord dans tout les sens, son petit ventre apparaît sous son haut pendant un mouvement laissant entrevoir son jolie petit nombril percée. Elle danse- elle vie – elle est belle..

Sa copine elle est en stage dans un cabinet d avocat, elle doit rester chez Martha ce soir car en partant de chez elle ce matin, y a eu une histoire comme quoi la porte a claque avec les clefs a l intérieur, seulement sa mère ne rentre que dans deux jours et personne d autres n a les clefs, elle ne veut pas payer un serrurier qui serait obliger de casser la porte ou la vitre, alors elle reste chez sa copine, Martha a l idée de vouloir me faire escalader pour passer par la fenêtre, je commence a frétiller, trop bon une escalade ! Elles n ont pas l air de trop comprendre la raison de mon excitation, I just love climbing ! no problem i can climb ! Elles me demandent si je suis sur, yes !! Of course ! Martha commence a me faire un briefing de l appart de sa copine vers lequel on se dirige, y aura deux étages, avant une porte, mais.. tes sur ? c est dangereux ! yes yes no problem ! Sa copine cependant a l air un peu réticente, mais je me dis que si j arrive a lui ouvrir la porte elle pourra dormir chez elle ce soir ce qui me laissera passer la soirée tout seul avec Martha !

Alors que l on poursuit la marche vers chez elle, sa copine lui dis que c est finalement pas la peine, c est bon elle préfère attendre demain, elle a pas envie qu il m arrive quelque chose je crois, bon tant pis j insiste pas.

On marche toujours dans des petites rues de Zagreb, c est le soir, nuit chaude, je les suis, mon sac me semble léger, j ai refile pleins d affaires a thomas, mes chaussures de marche, des bouquins et mon gros duvet de Sibérie ( car au début je pensais atteindre la Nouvelle Calédonie en remontant jusqu a Moscou, mon plan était ensuite de prendre le transsibérien jusqu a Pékin, d ou je serais descendu vers l Australie, seulement après 1 mois de soleil intense, je me suis dis que je ne me voyais pas remonter dans le froid de la grande et belle Russie alors j ai préfère passer par le sud, les Balkans, la route de l Inde… !)

On continue notre marche a travers la ville, Martha, sa copine, moi, mon sac, Zagreb, putain jme sens bien, les deux filles commencent a s engueuler en croate, jcomprend rien, mais elles ont l air de se prendre la tête, Martha me dit, fais pas attention t inquiètes pas, on s engueule souvent mais on s aime, et elle se sert dans les bras-
on prend un tramway, lumières, rues, nuit, on discute beaucoup, j leur parle de mes plans, la Nouvelle Calédonie, la route, pleins de trucs, on arrive dans un petit quartier, petits bars sur le cote, des jeunes en bande, en petits groupes, roots, rastas, cheveux long, du reggae, dla drum sort des bars, elles ont l air de connaître tout l monde ici, Martha, sarrette toutes les deux minutes pour dire bonjour a des potes a elle, elle sert tout l monde dans ses bras, elle est en totale harmonie avec ce qui l entoure, observe, tourne sur elle-même les bras en l air dans la rue- quelle explosion de vie ! ça fait du bien de voir des gens comme ca.
Elles m entraînent dans un bar pose, musique : reggae, on s asseoit a l intérieur, elles recommencent a s embrouiller, sa copine veut rester a l interieur et Martha veut aller dehors, finalement on va se poser dehors, j commande une grosse bière, elles des jus-
des potes arrivent, on est maintenant une dizaine autour de la table, j parle de musique avec un mec dune quarantaine d année, coiffe d un chapeau vert jaune rouge, on parle musique du monde, musique indienne, reggae, drum and bass, dub, un autre couple arrive, ils parlent entre eux, rigolent, jarrette pas d observer martha, je ne peux décrocher mon regard d elle qui me fascine, sa façon de parler, de rire, d écouter les gens, de fumer, ses expressions… même si je comprend pas ce quelle raconte, elle me fascine.
Avant d arriver la, Martha a fait tout les numéros quelles avait dans son portable elle a appelée au moins une dizaine de potes et copines a elle pour savoir si quelqun pouvait m héberger pour ce soir, voyant quelle ne se prenait que des refus, je lui ai dis que c était pas grave et que c était pas un problème pour moi de trouver un coin ou dormir pour la nuit, elle me disait de me taire et continuait a chercher des numéros, finalement elle tombe sur un type, elle est contente, avant quelle ne raccroche j l’entend dire : super valaaaa, c qui veut dire merci beaucoup en croate, c’est bon elle a du trouver quelqun !
Des quelle raccroche elle me sourie et me confirme quelle a trouve un pote a elle qui peut m héberger pour ce soir, elle est désole de pas pouvoir m inviter chez elle, mais m explique qu en ce moment, son père est malade et quelle a quelques problèmes familiaux, en plus elle invite déjà sa copine.
Jla remercie du fond du cœur, et jsuis impressionne de tout ce quelle fait pour moi alors que lon se connaît seulement depuis a peine 2 heures.
Arrive un jeune couple a notre table, le mec avec une bonne barbe et sa nana brune, sympa, jolie, martha me dit que c est chez lui que je vais dormir ce soir, elle me présente le type, il sappellle Oliver, il s asseoit a cote de moi, jcomence a faire connnaissance avec lui et le remercie.
Il parle bien anglais aussi, tout le croates parlent trop bien anglais, ça ma impressionne en Croatie, les plus jeunes, mêmes les vieux arrivent a comprendre l anglais, beaucoup mont explique qu ils ont beaucoup appris grâce a la tele ou tout les films passent en version originale sous titre, une bonne chose..si ça pouvait être pareil en France, ça serait bien.
Apres une heure assis dehors, a discuter de tout et de rien avec tout ses jeunes, les gens commencent a partir les uns après les autres, martha et sa copine d’abord qui doivent y aller, elle me sert dans les bras, me souhaite bonne chance pour la suite du voyage, me donne son écharpe après que je lui ai dis que je la trouvais jolie, c est elle qui la faite en plus ! Elle me dit quelle me portera chance, je la met tout d suite autour du coup après avoir senti un petit vent frais qui me fait éternuer, ça sent son parfum.. Elle sentait tellement bon, cette fille je l oublierais jamais, elle me donne son email pour que je lui donne des nouvelles, je ne sais pas comment la remercier, elle me dit que c’est un plaisir pour elle d aider les gens.
Bye bye Marta, thanks for everything..et elle repart..
La copine d Oliver est prof, ou assistante de prof, je ne comprends pas trop- on quitte les autres personnes assises avec nous, et partons vers la place centrale d où partent tout les tramways.
Il doit être une heure du mat, sa copine part a son tour, elle m embrasse presque sur la bouche et me sert fort dans ses bras, ils sont très tactiles entre eux- ça m’derange pas !

Jme retrouve maintenant tout seul avec Oliver, on attend le tram qui nous emmènera a cote de chez lui, jsuis assez crevé, et je commence a trouver mon sac encore trop lourd bien que je lai déjà allége en rendant pas mal d affaires a Thomas, jme dis que j peux encore me débarrasser de trucs inutiles, l apprentissage commence..
Jai maintenant un duvet de 800 gramme acheté dans l après midi, 0 degré, ça me change déjà enormement au niveau du poids de celui de 2 kilos 7 avec lequel tu pouvais dormir dehors jusqu a moins 50 !
On entre dans le tramway, Oliver me parle de ses voyages en stop qu’il a fait avec ses potes a travers la Bosnie et la Serbie alors qu il avait a peine dix huit ans, il me raconte aussi ses expériences de voyages seul mais m’explique qu’il préfère être avec d autres personnes.
Le trajet passe vite, on s éloigne rapidement du centre ville et le tramway, presque vide, trace dans la nuit et pénètre lentement dans la banlieue de Zagreb.
On descend a cote dune sorte de regroupement d immeubles, un peu genre cite, je suis Oliver, on arrive a son immeuble.

Il travaille dans le milieu du cinéma et réalise de nombreux documentaires, il est allé a Cannes plusieurs fois, fait des interviews, s occupe de distribuer et de faire connaître des documentaires amateurs, professionnels, voyage beaucoup.
Chez lui il a un paquet de films, un paquet de cartes aussi toutes suspendus a la poigne de la chambre d’amis dans laque je vas passer la nuit. Il doit y avoir plus de 200 cartes, genre carte de presse, ce mec a fait un paquet de trucs et de rencontres.
Il me fait visiter son petit appart tranquille, un salon un canapé, une tele 16 neuvième, tout ses films et documentaires, une ptite cuisine , une salle de bain, sa chambre, une chambre d’ami.
J prend une bonne douche qui me fait du bien, entre temps, il met une sorte de dub indien trop bon que j entends de la salle de bain car dans chaque pièce de son appart se trouve au moins deux enceintes relies au central. Putain l instal !! Trop bon !

En sortant de la salle de bain, alors que je vais mettre mon sac dans la chambre d ami, il me demande si je fume. Of course man !
Il est en train de rouler, j le rejoins dans le salon, j me sens propre, content, ce type est trop pose.
Alors qu on fume et qu on discute de musique, de ce groupe de dub que je ne connais pas et dont j ai oublie le nom, c est des anglais je crois, on commence a parler de l itinéraire que je pense suivre. Je ne sais pas encore trop mais jlui dis que jpense passer par la Bosnie, et la Serbie.
Il se lève, sors une grosse pochette d ou degeule des cartes des Balkans dans tout les sens, ses anciennes cartes de route, dessus des anciens itinéraires traces, des villes entourées, certaines cartes sont vieilles et usées par la route, il en a un paquet, c est bon ça j me dis, il va pouvoir me donner des bons conseils, il connaît bien l coin !
On est tout les deux assis par terre, accroupis au dessus dune immense carte de la Croatie, Bosnie et Serbie qu il vient de dérouler sur le sol, la drogue tourne, de la musique indienne résonne en fond, il prend un stylo et me trace le meilleur itinéraire a prendre sur la carte, le plus sur aussi, il me déconseille l’Albanie, très dangereux en ce moment, me conseille de faire attention en Bulgarie et me raconte de nombreuses anecdotes de ses anciens voyages.
J commence a ressentir un peu de peur a entendre ce qu il me dit mais tout ça mele a une excitation, une profonde envie de voir, préparer mon itinéraire, la dans ce petit salon de la banlieue de Zagreb avec ce type que je connais a peine mais qui m aide trop, la musique qui résonne dans mes oreilles en fond… et lui a fond accroupi par terre sur la carte des Balkans qui me site les noms de ville par lesquelles je devrais passer…
Ca sonne Split, Makarska, Mostar, Sarajevo,Zenica, Tuzla, Belgrade, Nis, Bela Palanka, Sofia, Plovdiv, Dimitrovgrad, Istanbul.. !
Putain !! ça va être bon !ça va être bon ! je suis dans un état second, face a moi-même et face a ce long périple qui m attend, mon expérience du stop et de la route n est pas énorme, tout seul je n ai jamais fait de vrais grand trips comme celui la, tout est nouveau pour moi, le stop, j ai du en faire une dizaine de fois auparavant, une fois alors que jetais en Bretagne en stage chez Bic sport a Vannes (j avais 18 ans et jetais encore en école de commerce), je partais en long skate le week end, tôt le matin, a la recherche de spots ou je pourrais faire du windsurf, je faisais des kilometres et des kilometres en Long sur ces petites routes de campagnes bretonnes, la mer était mon but, j avançais, me perdais dans les villages, sur les routes, marchait le long de la mer a écouter les vagues se briser contre les rochers, demandait aux paysans ou je pouvais trouver un club ou louer des planches, on m indiquait des directions, j y allais, repartais en arrière, roulait au hasard, la route me guidait, me prenait, et des fois dans des moments de fatigue, je stoppais ne pouvant plus pousser la board. Ça a été mes premières expériences en stop.
Et tout dsuite ca m avait plus, tu rencontrais des gens nouveaux, qui taidais, te racontais des histoires, tout cela c était l aventure, les rencontres, j explorais les villes avec le long, m accrochait derrière les bus, les voitures, c était bon, c était bon, et j ai ressenti la mes premiers moments du kiff de la route, du kiff du mouvement. Je savais que tôt ou tard il fallait que je recommence.
Les autres expériences de stop c était a cote de chez moi entre Soisy et Domont, des petits lifts, soit parcque mon scooter était en panne et qu il fallait allait bosser, ou soit parcque y avait plus de bus et qu il fallait aller en cours alors que t étais chez des potes qui habitait loin du bahut, enfin des petits trucs. On a eu aussi pas mal de lifts pendant ltrip avec Thomas, en Italie, en Suisse et en Croatie.
Les expériences de la route yen a eu aussi, avec Alan et Marco, en r5, la galerie charge de windsurfs et de voiles, on est descendu jusqu en Espagne, et la encore la route nous a pris, les kilomètres, la ligne blanche qui défilent, la vie au jour le jour sans trop savoir ou dormir le soir, des nuits a l’arrache a trois dans la caisse plus tout les sacs, sur des plages a se faire surprendre par la marée pendant la nuit, des nuits dans des chantiers, sur des bancs, a la belle, dans les montagnes, a tout ça jetais déjà prépare, tout ça ça me plaisait, tout ca valait mieux qu une petite chambre et qu un petit lit, ça c etait la liberte avec la grande ourse comme gardienne du sommeil, avec les etoiles, avec le petit froid que tu sens le matin, le petit froid qui te fait te blottir dans ton duvet, le bruit des vagues qui te reveillent, les bruits de la nuit, et les lendemains encore inconnues.

Ya eu les nuits a la cabane aussi avec Thomas alors quon etaient en pleine construction, des journees entieres a construire, a toucher le ciel-
On etait la haut, la nuit commencait a tomber, le mur etait presque levee, une apres midi entiere a lever un des murs, 15 metres de haut, hisser un mur de plus de 200 kilos a la corde, on en chiaient c est clair, mais la fatigue devenait jouissive, il fallait finir le levage avant la nuit, clouer le mur au sol, avancer , construire, rester, encore, plus longtemps, mais ca ne pouvait pas sarreter la et ca ne pouvait pas sarreter a un « bon ben a demain ma couille ! », nan il nous fallait encore rester, l air de la foret nous etourdissaient, on en avait besoin, pourquoi ? parcque la haut on se sentait bien, on se sentait loin des conneries de la vie habituelle, loin des trucs futiles, on etait proche de la vie, de la vraie, proche du kiff totale, alors on rentrait chez nous, cherche nos duvets, on allait pecho et on revenait, fumer, parler, dormir, mediter, rever a de futurs voyages…

Dormir la haut, quand yavait du vent on pouvait se croire dans un bateau, en pleine mer, en pleine tempete avec des vagues, immenses, enormes, un peu d imagination et tu pouvais sentir les embrunts te crasher leur puissance sur le visage, tu pouvais voir lhorizon, voir le soleil se coucher, voir les couleurs magiques du rose, du jaune, du bleue claire, du violet, les nuages qui avancent, les hirondelles qui se tournent autour, les grands flux d oiseaux migrateurs partir vers le sud et seloigner de plus en plus jusqua ne devenir que de tout petits points noir au loin, lecureuil qui saute sur la branche a cote, la fumée blanche de la cheminee du grand hangar de la platriere en bas qui s envole en tournoyant dans le ciel berce par un vent magique qui lui fait prendre toutes sortes de formes, la defense et ses grandes lumieres, ses grandes tours aussi et la nuit qui tombe lentement, les etoiles qui apparaissent, la lune...
C est ces moments la quil me tardait de retrouver, ces moments intenses, de bonheur, de bonheur dexistence, ces moments de magie, et je savais quil yallait en avoir tout au long de ce voyage.

Ya eu dautres cabanes aussi, celle la cest la 7eme(6 dans les arbres et une a 2 metres du sol) ou la nuit tombée il fallait continuer, alors on faisait un feux, un grand feu enorme quon ravivait a coup dessence, projection- grosse lumiere pendant qq temps, puis le feux qui se calme, les coups de marteau la nuit, on voit plus grand-chose, on leve des gros bouts dbois, mais on est la toujours.


Quand la construction te prends tu ne peux pas aller contre, elle t attrape et arrete le temps, tu vois ton truc prendre forme et avancer au fur et a mesure et, le soir, quand tes bien creve, tu tallonges, et tu reves en soufflant la fumee vers la cime des arbres..
Se construire une cabane je pense que cest aussi un reflexe de defense, une sorte de protection contre la societe qui nous prend et nous etouffe, construire la cabane, cest vouloir revenir au vraie, au vrai contact avec lexterieur, un endroit ou tu peux te retrouver, reflechir, mediter, comprendre et observer. La cabane cest la liberte, un moyen de retrouver lharmonie avec les elements.

Mais revenons a Zagreb chez Oliver !
Je prend donc plein de notes de l itineraire quil me conseille de suivre, les noms des villes, tout ca, il commence a etre assez tard, et voulant partir tot le lendemain matin, jdecide daller me coucher, il comprend.
On met un matelas sur le sommier vide de la chambre dami. Il retourne au salon regarder un documentaire, jregarde la chambre, jouvre la fenetre, jfume une clope, cest ma premiere nuit tout seul depuis ldepart de Thomas, je pense a la suite, jessaie dimaginer comment va etre la route, comment jvais me debrouiller, et encore une fois je me repete putain ty es !ty es ! ca semble encore trop ireel pour moi.
Je sors mon nouveau duvet de mon sac que je deplie sur le matelas, il a pas lair mal, reste a voir ce quil donnera dehors, il me parait quand meme leger par rapport a mon gros, chaud et moelleux moins 50 que javais avant ! enfin jvais mhabituer, le poid cest plus important que le confort.
Apres avoir range et jeté toutes les petites merdes qui trainaient dans mon sac que je prepare parfaitement pour le lendemain au pied du lit,
(mon sac au debut du voyage, trop charge, trop propre!)



jecris un peu et mendors assez rapidement, la tete pleine de reves de la route qui mattend, de lapprehension aussi, de la peur, mais tout ca vite balaye par lexcitation de partir, par limage de l Inde, mystique- magique ,visions de bouddhas - Saddhus, de moines, de decouverte, de marche le long d immenses routes poussiereuses entourees de montagnes et de grands cols enneiges, des traversees de villages,Turquie, Pakistan, Chine.., vision de tout ses pays qui mattendent et de toutes les rencontres quil yaura.
Je m endors sur mon image darrivee apres au moins 5 ou 6 mois de voyage sur le sable de Nouvelle Caledonie, a me jeter dessus, ou encore a siroter une bierre a la terrasse dun cafe donnant vue sur la mer, mon sac completement decousue a mes pieds et mes yeux illumines dune lumiere mystique…


First day on the road alone

Le matin je me leve assez tot, Oliver est deja debout a preparer du cafe, on mange ensemble sur la petite table de la cuisine, on discute beaucoup, un peu plus tard un ami a lui arrive et ils commencent a bosser sur un truc, jvais faire mes affaires dans la chambre et vers midi il me dit quil doit partir.
Il me propose de memener jusqu au tramway et m explique le chemin qui me permettra de mapprocher le plus possible de l autoroute.
Il faut que je sorte de la ville. Avant de partir j ecris un mail a mes parents pour leur donner des nouvelles, je pèse mon sac (17 kilos) encore trop lourds a mes yeux, et Oliver me propose une bouteille de liqueur de cerise de Bosnie fabrique par un ami a lui, un truc ‘homemade’, assez fort, qui nous fait tousser tout les deux et nous fais faire des tetes bizarrres accompagnes de brrrrrrrr broouuu shiit man that s strong ! apres avoir bu un coup.
Jle remercie mais prend pas la bouteille qui prendra trop de place dans mon sac et trop de poids, jme contente d en verser un peu dans une petite flasque achetée en Italie. Il me donne aussi qq provisions pour la route.
Il prend son velo, on descend les poubelles en bas, et partons en direction du tramway.
Il est presse et deja en retard, lau revoir est rapide, on se fait une accolade amical suivi dune bonne poignee de main de bonne chance et de bonne continuation a tout les deux.
En voyage les rencontres sont ephemeres, rapides et intense, mais le simple fait de me dire que a priori rien ne nous poussait a nous rencontrer (des vies tellement differentes et eloignees) – la magie des rencontres- mais pourtant nos vies qui se sont croisees, laide quil ma apporte..ca je ne l oublierais jamais.
Tout ces gens que jai rencontre et qui ne me connaissait pas mais qui pourtant ont cru en mon projet et ont fait tout ce quils pouvaient pour maider, me faire avancer sur la route (en stop ou ailleurs), je tiens les remercier du fond du cœur, ils mont tellement appris sur lhomme, sur lhumanite, sur les relations entre les gens, laide que tu peux fournir aux autres, cette solidarite humaine ou que tu sois dans le monde, je ne l’oublierais jamais.. Ca fait a peine deux jours que je suis seul et déjà j ai l impression dapprendre tellement de choses…et ce n est que le début !

Je regarde Oliver sen aller lentement sur son velo, mon sac a mes pieds, je le remet sur mes epaules, et dis un ptit : allez cest parti !
Je dois maitnenant rejoindre et trouve le spot de stop dont il ma parle : une entree sur lautoroute de Split ou il a deja vu de nombreux etudiants qui etudiaient a Zagreb mais qui venaient du sud et rentraient en stop chez eux pour les vacances.

Zagreb – Split : 450 km une bonne longue distance qui te fait presque traverser la totalite de la Croatie du nord au sud.
A Split je dois normalement retrouve un artiste japonais du nom de Masa que j avais rencontre la bas qq jours auparavant a la terrasse dun cafe alors que jetais encore avec Thomas. Jme rappelle encore de la scene, On marchait sur cette rue principale a Split, on vnais de sfaire une ptite session de flute et de guitare sur des marches a cote dune allee comerciale souterraine, et en marchant je vois ce japonais assis a dessiner, son sac par terre a cote de lui, pas un super sac moderne de double backpackers americain avec des rallonges super extensibles et un chargement de 60 kilos, nan un sac qui avait lair d avoir bien voyage, use, vieux-
Masa etait coiffe d un petit chapeau noir et un long bouc cachait son menton, il fallait que j aille le voir, que je le rencontre, son visage et son attitude dégageaient une telle sagesse et une telle spiritualite que je me suis senti attire vers lui comme un aimant.
Alors, on est alle sasseoir a ses cotes, on a a fait connaissance, il ma montre ses dessins je lui ai montre les miens, il nous apprend que ca fait depuis juin qu il est parti du Japon ; avant d arriver en Croatie, il a deja beaucoup tourne en Europe, il voyage essenteillement en bus et en avion, son travail d infographiste et de designer quil a exerce au Japon pendant qq annees lui ont permis de mettre pas mal d argent de cote pour tourner autour du monde, il a 29 ans, maitenant il veut etre artiste et fait son apprentissage sur la route, tout seul, il fait des croquis en permanennce, se perfectionne, cree ses personnages, ses lettrages.
Alors que nous remontions au nord a Zagreb pour que Thomas puisse prendre son bus, il était parti qq temps sur l ile de Hvar peindre un peu. Il devait ensuite partir vers Mostar et Sarajevo, on cetait dit quon se retrouverait plus tard et quon se recontacterai pour peut etre faire un bout de route ensemble.

Je quitte la residence d Oliver et me dirige vers la station de tramway, jemprunte un tunnel qui me fait traverser la rue ou jachete au passage, deux bananes que je mange en attendant le tram. Sur le quai une nana me confirme que celui qui arrive est bien le bon. Tout autour de nous des grands imeubles et qq parcs, il fait bon et chaud, je suis en chemise manche courte, une petite veste aussi, ou jai commence a associer mes poches aux choses importantes, les deux poches du haut, celle de gauche mon passeport et un peu de liquide, celle de droite un petit carnet bloc note avec un crayon pour prendre des notes et noter les directions. Dans les autres poches, un opinel, des clopes et deux trois autres conneries.
Le tram est remplis : des etudiants, des hommes daffaires qui vont bosser ; je me cale la ou je peux et garde mon sac a mes pieds, le paysage defile, je guette l arret ou une indication dautoroute.
Jarrive au rond point dont Oliver m avait parle, jdescends, et marche en direction de lautoroute que japercois au loin- jtraverse un pont, descend un talus, ou je me casse presque la gueule avec le sac qui me desequilibre.
Devant : un centre commercial, jachete une carte d Europe et une carte de la Croatie avec aussi une bonne partie sur la Bosnie, un pti passage au mc do egalement ou je demande aux cuisiniers si ils peuvent me passer qq bouts de carton pour faire la pancarte.


Jquitte le centre- la sortie du centre se separe en deux routes, une va vers l autoroute, lautre retourne vers le centre. Un mec me confirme que cest bien lautoroute de Split. Yes ! jy fonce, marchant dun pas decide tout content et excite a lidee de mon prmeier long trajet en stop-
Je ne vois personne, jme place 200 metres avant linsertion sur lautoroute, jpense que ca peut etre un bon spot. Sur le talus par terre apres avoir observe rapidement la route sur la carte je commence a ecrire en enorme : SPLIT au marqueur noir.
Alors que jecris, je vois marcher au loin un homme et une femme sac au dos aussi-
Du monde commence a arriver.
Ils parviennent a ma distance-


-Hello my friends !
- Hello, how are you doing me repond le type, cheveux long tete pose,
- good, good, preparing!
-cool
-where are you from?
- Polland
- Oh Polland nice! And you came all this way down hitchhiking?
- ils se regardent et sourient : yes!
Jleur demande ou ils vont, ils se regardent a nouveau, du style un regard amoureux dans le love total avec petits sourires complices et tout : we don t know yet !
- hehe, allright good luck !
- good luck too !
- thanks
Aaah l amour ca peut temmener loin aussi !

Le stop a aussi ses regles comme se placer toujours après celui qui est arrivé avant toi et ne jamais se placer trop près de lui afin de ne pas le défavoriser - attitude normal je pense.
Ils me depassent donc et vont se placer assez loin de moi.
Je suis maintenant presque prêt et place mon sac bien en evidence devant moi, jboutonne ma veste, me recoiffe un peu, me met deux trois clak de reveil et de motivation, et jcommence a sourire en tendant lpouce.

Les voitures passent a cote, certains gens regardent et rigolent, dautres ne regardent pas, ou font semblant de ne pas te voir, dautres font de grands signes pour genre tindiquer quils vont dans lautre direction ou d autres encore simplement trop absorbe par leurs conduites et obligations tracent leurs routes.
La arrive un grand black, cheveux long, bonne demarche, decide, un petit sac, un grand sourire aux levres, il arrive vers moi, sarrette et me dis
- Hey whats up man !
- Good and you ?
- Good, when did you arrive ?
- Oh I just arrived man
- Where you going me relance il Split?
- Yeah Split!
Trouvant quil a lair experimente dans le stop jlui demande si il pense que c est un bon endroit ici
- yeahh, not bad, try there for a while, if it s not working try the gas station
- gas station? How far is it?
- Like 30 minutes walking
- Allright thanks man, good luck!
- Yeah u too!
Et il repart, depasse les polonais et commence sans perdre de temps, sans pancarte, sans rien a lever lpouce.
On est maitnenant trois sur le spot, ya dla concurrence, mais jme dis que je suis le premier arrive donc que jpartirais le premier car en arrivant, pour les conducteurs je suis le premier stoppeur quils voient.

Jme remet en place, tend la pancarte Split et mon pouce, il commence a pleuvoir un peu, jsors mon imper, commence a me motiver en parlant tout seul a faire des ptits cooome ooon my friends ! come ooooon ! en souriant en faisant des saluts rigolos, jfais un peu le clown et essaie de trouver un truc original, ils rigolent tous mais ne s arrêtent pas.
Jme retourne de temps a autre pour observer les polonais et voir comment ils sen sortent, le type est assis par terre a cote de son sac et tiens une pancarte ou dessus est dessine des vagues, seulement des vagues, ils veulent aller a la mer.
Le grand black lui est toujours la, bras tendus, pouce leve- une autre nana arrive et va se placer encore apres le mec.
Pas moins de cinq minutes apres, une voiture sarrette pour elle- le mec en profite et monte avec elle. Putain !! les boules !! je commence a monter en pression, cest pas possible ! les polonais ont l air degoute aussi ;
Apres deux heures dattentes, de la pluie et 4 autres nanas qui elles nont pas attendues, on est toujours sur le bas cote avec les polonais.
Ya pas a dire une nana toute seule pourrait traverser la France en 5 heures !
Ils se ravancent jusqua la fin de la file d insertion, ca a lair detre un meilleur endroit que le notre car en plus de beneficier des voitures qui s inserent tu peux aussi te prendre celle de lautoroute. Des quils sont pris jirais la aussi.

1 heure apres toujours rien, jai une crampe au bras, me repose, fume une clope et bois un coup de liqueur a la cerise pour me remettre dedans.
Les polonais changent alors de technique : ils balancent leurs sacs dans le bas fosse derriere ou le type va se cacher en position rampe- il fait enlever son haut a sa nana - elle se retrouve alors en petit debardeur moulant avec son petit jean serre qui comence a etre trempe, elle se detache les cheveux et prend une position avantageuse, la position du cliche de lautostoppeuse quoi !
La technique est efficace ! En moins de 30 secondes, un type sarrette grand sourire, le mec sort alors de sa planque avec les sacs-
Suuurpriiise !! Il est helas trop tard pour le gentil petit conducteur qui devait déjà se faire des gros films, maintenant tu tes arrêter tu peux plus repartir ! ahah jrigole, putain les cons ! Ils sont malins !
Bon en attendant jsuis toujours plante la sous la pluie et j ai pas encore bouge- ma pancarte est toute trempee et le vent la fait tourner dans tout les sens- galère galère, j marche jusque au bout de la file et recommence, j pense a ce que m avais dis Edgars, un pote de lettonie que javais rencontre aux etats Unis et qui avait pas mal vadrouille en stop en Europe : T inquiètes pas même si des fois t’attends longtemps, ya toujours qqun qui sarretera pour te prendre !

Et en effet un quart d heure après, alors que je mappretais a marche jusqua la station, une camionnette venant de l autoroute, ralentit, se décale sur la file de droite, met son cligno et sarrette !
Yessssss !!! enfiiin !!
Content detre venu a bout de ses longues heures dattente je shope mon sac rapidment et cours vers le vehicule en warning sur la bande darret durgence.
Jouvre la porte et pose mon sac sur le siege du milieu, ya trois sieges.
- oooh, vala my friend, super vala (merci beaucoup)!! thank you very much!
- It s ok , it s ok no problem! Me dit il
Cest un type assez jeune dune trentaine dannee, une bonne tete sympa,
- do you speak english ?
- euuuh, little verry little! I understand little me dit il en rigolant, et il redemarre et se reinserre sur lautoroute.
- Im here since 4 hours you know ! you are my saviour!
- Il rigole, where are you from?
- From France, Paris! Francuska
- AAah francees!! Crie til en s allumant une clope et en m en offrant une
- Paris Saint Germain !! Zidane
- Yes !

On commence a faire connaissance, il parle assez bien anglais et on parvient a se comprendre, il sappelle Milko a 29 ans et livre des eponges et autres produits en tout genre dans les supermarches- a ma grande surprise il va a Split ( trop bon ! un lift pour 450 km !).
A un peage, qq kilometres plus loin, alors que résonne a fond du serbishan rock and roll come il dit, il narrive pas a avoir de ticket, la machine a l air casse, il sort et va chercher un des types qui travaille a cote, il obtient finalement un ticket et me dis de mettre mon sac derriere, il le prend ouvre la porte coulissante derriere et le cale sur des paquets enormes remplis deponges.
Cest reparti !
Il me repropose une clope, jle remerie mais ne voulant pas trop abuser de sa gentillesse jme fais une roulee.
- Here cigarettes are so cheap!
- Yeah, so why do you buy this! Il pointe mon paquet de roulees
- I dont know, i guess im used to it !
- Ahah, this real cigarettes, Marlboro, velly good!
- Hehe, yeah
- In France a pack is like 5 euros
- 5 euros!
- Yeah
- In Croatia, Marlboro is 2 euros

Il parle un anglais quil a appris a lecole quand il etait jeune donc ya tres longtemps et quil na pas pratique, mais il se rappelle de qq trucs et il me parle des films en anglais a la tele aussi, qui automatiquement lui ont fait apprendre la langue.

Apres une heure de conduite, il quitte l autoroute, jlui demande pourquoi,
-because highway is like this : et il se mime comme un zombie en train de dormir a rouler tout droit sans bouger ses mains sur le volant, il prefere les petites routes, avec les petits virages qui laide a rester eveille, ca fait deja depuis 5 heure du matin quil est sur la route. Tu metonnes !!
On traverse des villages, dimmenses pleines, sur le bas cote, parfois des paysans avec des remorques, des femmes etendent le linge dans des maisons encore detruites, des immenses plateaux, aride, et les montagnes au loin, la route est deserte, il passe sur la file de gauche en rigolant, me dit que cest tranquil.
On approche de la region des lacs de Plitvice, la route s enfoncent dans de grandes forets de coniferes, tres vertes et humides, le bouillard envellope la camionette et la brume sepaissit dans la foret, des applombs, et les grands lacs, bleues turquoises, des rivieres, la musique serbe en fond dont je suis deja fan, ca bouge, ca va vite, il ya un bon rythme rapide qui me met tout dsuite encore plus dans la route, les paysages qui defilent, les virages qui senchainent, les grandes lignes droites, ca yest le trip commence, je kiff trop, les bosses de la route nous secoue dans tout les sens.
Il me parle de la guerre et me montre toutes les maisons encoe detruites, les villages abandonnes, des villages fantomes, certaines maisons sont encore en bonne etat mais plus personne ny habite.
- No people live here, look, il me montre du doigt a travers la vitre, here nothing, nothing, no people, war, terrible, terrible.
- Serbians, Bosnians, they all left…
Plus la route avance et plus les paysages se font different, sur chaque differentes regions il me raconte toute lhistoire et me cite le nom des villages.
On avance on avance, toujours a fond sur la route qui par endroits est tres cabosse, le soleil commence a se coucher, je suis ebloui par la campagne pure et sauvage que lon traverse, au loin dimmenses collines desertiques, d un jaune sombre et sableux eclaires par les dernieres rayons du soleil, et lhorizon , bleue fonce turquoise semble etre insensible et reste claire bien qu une partie de la valle est deja plonge dans l ombre de la nuit.

Une grande plaine-
you see here : hunting(chasse), hunting everything, bears, rabbit, wolf everything !
-Oh really?
- yeah
- you hunt too?
- I did, one time with a friend but now , no, no time
- I see..
-How long have you been driving?
- What?
je repete ma question plus lentement
- How long have you been driving, i mean for this company ?
-three- three years,
- so what did you do before ?
-BEfore?
-yeah
- Nothing, no job, girls, you know, see friends, parties..but now Im married! And I have a child, I changed a lot! I have to bring money home!
-How old ?-little boy, 3 years old! Look, il me montre fièrement et avec beaucoup d émotion la photo du gamin sur son portable, tout sourire avec un bob sur la tête.
- nice !
- and my wife is waiting for another one now !
- nice! a boy or a girl?
- we don’t know
- what will you prefer?
- I don’t know! Il rigole, I take everything! Boy girl, it s the same I take everything!

La route et la discussion se poursuivent ainsi, il me dit que je suis fou quand il apprend que je veux aller en Nouvelle Caledonie en stop, (cest un peu pres tout cque me diront tout les chauffeurs qui me prendront par la suite)
Soudainement alors que mes yeux commençaient a se fermer, il me reveille en me tapant sur lepaule, ce qui me fait un peu sursauter
-hey look ! il pointe le compteur, on est dans une grande descente, l aiguille tourne et monte encore, on approche les 150 !!
-hehe, fast !
Il reprend : maximum, maximum speed, if more the car goes like vivivovyoyuo il fait des signes de vagues avec la main , car crashhh, prosusshhh
Putain il trace trop ! mais ca va il gere, il conduit bien, jlui fait confiance, et jdois dire que jaime bien la vitesse aussi !
Il met sa ceinture rapidement , et me fais signe de mettre la mienne aussi que jme rends compte que javais completement oublier de mettre, enfin il la met pas vraiment en fait, il la tient dune main sans la clipser et conduit de lautre, look ! me dit il en me montrant la route
je regarde, je vois rien-
- what ?
- -look ! il pointe lhorizon en insistant davantage
Ca yest au loin je crois percevoir une voiture de police gare sur le cote
- ahah Policija !
-Ohh yeah
-But how did you know ? je sais quil sait parcquil connait ces routes par Coeur, mais il faut le flatter
Il rigole et mrepond en intensifiant sa voix au fur et a mesure de sa reponse Everyday I drive, DRIVE, DRIVE these roads, drive everyroads, drive EVERYwhere, everytime drive DRIVE DRIVE ! policijaa they never change ! ahaha

Apres quon ai depasse les flics, il enleve sa ceinture et fais des signes et des appels de phares a tout les chauffeurs qui arrivent en face pour les avertir.
- Hehe solidarity !
- Yes! SO –LI-DA-RI-TY ! il acquiesce

Il conduit presque couche sur le volant, de temps a autre cale un pied sur le rebord de la fenetre, me paie des clopes, me fait ecouter tout ses cds, me traduit les paroles des chansons, il m apprend toutes les plaques dimmatriculation des voitures et camions qu on n arrette pas de doubler, ca cest Serbia, Bosnia, Germany, Portugal, desfois il jure tout seul devant des boulets qui se trainent devant et continue a me parler en croate comme si je comprenais.

Je regarde par la fenetre, les dernieres lumieres du jour me laisse entrevoir des cascades et autres petits lacs aux abords des villages. Cest tellement beau…a ce moment la je ne pense a rien dautre qu a cet instant, ce moment – moi, sur la route, Milko toujours avec son petit sourire aux levres, sa clope, le pied cale sur la fenetre, un peu dans une position que tu peux prendre apres avoir regarde la tele pendant deux heures sans bouger, les montagnes qui defilent, et la ligne blanche, inepuisable, interminable, qui me mène vers des endroits encore inexplorés de mon esprit, vers les contrées lointaines, l inconnu, vers des connaissances et reflexions nouvelles, et tout ca… cest le pouvoir que te donne la route...



4 comments:

**margotte** said...

jah work, jah live, jah trip, jah dub, jah bongo, jah wobble, jah fakoly, jah rastafari, jah jam, jah sound, jah session, jah world, jah war, jah man, jahjah!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Anonymous said...

jah love margot!

Anonymous said...

jah shshshshsh, jah vikra, jah caugh, jah nightmare, jah pablov...


pépé

Anonymous said...

jah ronce, jah flingue!

Laissez des commentaires svp.

^^